Devoir à la maison facultatif, à rendre au plus tard le mercredi 24 février à 8 h.

Ce travail sera noté. La note sera comptée comme une note bonus.

Je proposerai encore un ou deux autres sujets, dans la première semaine des vacances. Pour ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas encore de note ce trimestre, il sera obligatoire de faire l'un de ces devoirs.

Voici le travail à faire :

Résumez le document ci-joint. Il s'agit des premières pages du tome troisième de l'ouvrage d'Alexis de Tocqueville intitulé De la démocratie en Amérique.

Je suis à votre disposition pour répondre à vos éventuelles questions.

Le sujet que Tocqueville étudie, c'est la façon de penser propre aux hommes vivant dans des sociétés démocratiques, c'est-à-dire dans des sociétés où les conditions sont égales et où les hommes sont semblables les uns aux autres. Cette façon de penser, ou cette méthode philosophique, consiste à ne croire personne sur parole, et à se faire sa propre opinion sur toutes choses, en consultant uniquement sa propre raison. Cette façon de penser est apparue en Europe avec Luther ; elle a été appliquée aux sciences par Descartes, et généralisée par Voltaire. C'est aussi la façon de penser des Américains. Dans une société sans classes, où tout le monde se ressemble, les hommes sont naturellement portés à juger de tout par eux-mêmes plutôt qu'à se fier aux autres.
Cependant cette indépendance d'esprit ne saurait être illimitée. Toute société, et même tout individu, a besoin, comme le montre Tocqueville, d'un certain nombre de croyances toutes faites. Les sociétés démocratiques n'échappent pas à cette règle. Il n'y a de vie humaine sans une forme de religion, c'est-à-dire sans une autorité intellectuelle et morale. La religion des siècles d'égalité sera la foi dans l'opinion commune. La majorité sera le prophète de cette sorte de religion.
Tel est le danger contre lequel Tocqueville nous met en garde. La démocratie pourrait avoir pour effet paradoxal une nouvelle forme de servitude, qui serait un despotisme de la majorité. Pour moi, conclut Tocqueville, quand je sens la main du pouvoir qui s'appesantit sur mon front, il m'importe peu de savoir qui m'opprime, et je ne suis pas mieux disposé à passer ma tête dans le joug, parce qu'un million de bras me le présentent.
