  Léon X, se proposant l'achèvement de la basilique de Saint-Pierre, avait fait publier des indulgences. De grands abus se glissaient dans la prédication de ces remises pénitentielles, surtout en Allemagne. Le dominicain Tetzel la parcourait, dit-on, ayant une caisse avec cette inscription : "Dès que l'argent tombe dans la tire-lire, aussitôt l'âme monte du Purgatoire au Ciel." "Les âmes s'en vont incontinent et sans doute en Paradis." Ces propositions furent condamnées comme fausses et scandaleuses par la Faculté de théologie, en mai 1518. En revanche, la Faculté donna son approbation aux propositions suivantes, qui renfermaient la vraie doctrine : "Il n'est point certain que infailliblement toutes ames indifferemmment estant en Purgatoire, pour chacune desquelles on met au tronc de la croysade dix sols tournois, s'en voyent incontinent et sans doute en Paradis. Mais s'en fault rapporter a Dieu, qui accepte, ainsy qu'il luy plaist, le tresor de l'Eglise appliqué auxdictes ames." Luther se déclara scandalisé des abus, et le fougueux augustin ne sut pas se contenir ; mais, des invectives contre les abus, il passa aux attaques contre le dogme. Déchaînements contre la doctrine des indulgences, diatribes contre le pape qui les accordait. Sermon sur les indulgences. Dans ce discours, on releva des propositions qui sont la négation du dogme et renferment un principe fondamental du futur protestantisme, à savoir que la seule Ecriture-Sainte est la règle de la foi. Il est impossible de prouver par la Bible que... Quatre-vingt-quinze thèses ou propositions. Wittemberg.
  Tout le monde sait que l'indulgence n'est pas seulement la remise des peines canoniques, mais aussi la remise, au tribunal divin, des peines temporelles correspondantes à ces dernières. Quatre-vingt-quinze thèses. Plusieurs sapent la doctrine fondamentale des indulgences. "Le pape ne veut ni ne peut remettre d'autres peines que celles qu'il a imposées de sa propre autorité ou en vertu des canons." (Thèse V.) "Le pape, en accordant rémission plénière de toutes peines, ne les vise pas toutes absolument, mais seulement celles qui ont été imposées par lui." (Thèse XX.) "Tout chrétien, vraiment contrit, a droit à la rémission plénière de la peine et de la coulpe, même sans lettres d'indulgences." (Thèse XXXVI.) "Tout chrétien, soit vivant, soit mort, a droit, de la part de Dieu, à la participation de tous les biens du Christ et de l'Eglise, même sans lettre d'indulgences." (Thèse XXXVII.) C'était donc, en premier lieu, restreindre l'indulgence à la simple remise des peines canoniques et, en second lieu, la nier formellement.
1518, Resolutiones. On y remarqua cette assertion qui allait devenir la base du futur credo luthérien : "Par la foi nous obtenons la paix de l'âme, et non par les oeuvres ni par la pénitence."
  Censure de Luther par la faculté de Paris p. 100. "Cet homme prétend avoir à lui seul plus de science que tous les autres." A reproduire en entier à l'endroit où il faut.
  Arrêt de 1523, p. 103.
  Réponse de la faculté octobre 1523, p. 114. "Toute et quante fois que le peuple d'Israel, qui estoit esleu de Dieu, delaissoit la pureté et intégrité de la foy, qu'il lui avoit en la loy baillée, estoit puni par pestes, famines, guerres et autres verges de Dieu."
  p. 121 Les Epistres et Evangiles, à l'usage du diocèse de Meaux (1523). Propositions censurées par la Faculté de théologie. La foi seule est nécessaire pour la justification et le salut ; les oeuvres sont inutiles : "Tout nous est donné et pardonné en Jésus Christ seulement, si nous avons foy en luy." "Si tu as cette foy que J. C. est mort pour toy et pour effacer tes pechez, il est ainsi, et tes pechez sont effacez et sa mort est tienne et le mérite de sa mort est tien ; et, si tu croy ainsi qu'il est ressuscité pour ta justification, il est ainsi, et sa résurrection est tienne et ta justification..." "Toutes gens et tous peuples croyant en J. C. le verront et seront sauvez." Acte du 6 nov. 1525 : le livre devait être publiquement livré aux flammes. p. 122.
  Erasme. La doctrine sur la composition de l'Eglise, à savoir qu'elle ne renferme que les justes. La justification par la foi.
  p. 91
  Feret, La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres. Époque moderne. Tome premier.
