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Monday, April 5, 1999

La Sursaturation de la Shoah à l'écran

La revue Passages propose le « panorama d'un demi-siècle de représentation cinématographique » de la Shoah (février-mars 1999, p. 16-28) sous quatre signatures juives.

Ce panorama s'étend « de Resnais à Benigni » et « de Lanz­mann à Spielberg ».

Parmi les films les plus connus se trouvent mentionnés :

La Dernière Étape (1947), de Wanda Jakubowska

Ghetto Teresin (1950), d'Alfred Radok

Nuit et Brouillard (1955), d'Alain Resnais

L'Enclos (1961), d'Armand Gatti

Transport au paradis (1962), de Zbynek Brynich

La Passagère (1964), d'Andrej Munk

Sandra (1965), de Luchino Visconti

Le Journal d'Anne Frank (1969), de George Stevens

Le Jardin des Finzi-Contini (1970), de Vittorio De Sica

Le Vieil Homme et l'Enfant (1970), de Claude Berri

Portier de nuit (1972), de Liliana Cavani

Les Guichets du Louvre (1974), de Michel Mitrani

Les Violons du bal (1974), de Michel Drach

Un Sac de billes (1975), de Jacques Doillon

Monsieur Klein (1976), de Joseph Losey

Shoah (1985), de Claude Lanzmann

Au Revoir les enfants (1987), de Louis Malle

La Liste de Schindler (1995), de Steven Spielberg

La Trêve (1996), de Francesco Rosi

La Vie est belle (1998), de Roberto Benigni

Train de vie (1998), de Radu Mihaïleanu

D'autres films sont mentionnés mais ils sont moins connus. Beaucoup d'autres, comme Le Temps du ghetto ou Marathon Man, ne sont pas cités.

En face de ces œuvres cinématographiques inspirées, après 1945, par les souffrances réelles ou fictives de la communauté juive pendant la seconde guerre mondiale, on serait bien en peine d'établir une liste comparable de films propres à nous rappeler les épreuves réelles des autres communautés et, en particulier, des populations civiles allemandes ; par exemple, aucun cinéaste, aucun Spielberg, n'a songé à s'inspirer des « films d'actualités montrant des femmes allemandes surgissant de leurs maisons, la chevelure en flammes et avec, dans leurs bras, leur bébé brûlant vif » (A. N. Wilson, « Pacifism is the only answer… », The Inde­pendent [Londres], 4 avril 1999).

Ce véritable « holocauste », on se garde de l'évoquer, de le ressasser, de l'exploiter jusqu'à sursaturation.

C'est bien simple : on le passe sous silence.

On le nie.

Il est là, le vrai « négationnisme » des faussaires, des menteurs, des bellicistes.

5 avril 1999

Labels: A. N. Wilson, négationnisme, Passages, Shoa business, The Independent
